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Formation professionnelle

CPF entre 2024 et 2026 : ce qui a vraiment changé

Le reste à charge est passé de 100 € à 150 € en deux ans, trois nouveaux plafonds encadrent certifications, bilans et permis depuis février 2026, et l'examen final est devenu obligatoire en juin 2026. Voici le différentiel exact, sans redite du fonctionnement général du CPF.

Par Malik Ferrand Publié le 13/08/2026 Mis à jour le 14/08/2026 6 min de lecture Adultes

CPF entre 2024 et 2026 : ce qui a vraiment changé

Cette page ne raconte que le différentiel : ce qui a changé pour un titulaire du CPF entre 2024 et 2026. Pour le fonctionnement général du compte, qui a des droits, comment s'inscrire, quels organismes sont éligibles, direction la page CPF, comment ça marche. Ici, trois réformes datées, sourcées, et leur effet concret sur votre reste à payer.

Prenez un exemple simple : une formation à 1 000 € financée en 2024 coûtait 100 € de votre poche si vos droits couvraient le solde. La même formation, engagée après le 2 avril 2026, en coûte 150 €, et si elle relève d'un bilan de compétences ou d'un permis, elle peut désormais buter sur un plafond qui n'existait pas deux ans plus tôt. Voici, dans l'ordre chronologique, ce qui a réellement bougé.

1. Le reste à charge est passé de 100 € à 150 € en deux ans

Avant le 2 mai 2024, mobiliser son CPF ne coûtait rien au titulaire tant que ses droits couvraient le prix de la formation. Un décret du 29 avril 2024 a instauré une participation forfaitaire obligatoire de 100 €, entrée en vigueur le 2 mai 2024. Cette somme a ensuite été revalorisée chaque 1er janvier, par indexation sur l'inflation : 102,23 € au 1er janvier 2025, puis environ 103,20 € au 1er janvier 2026.

DateMontant du reste à charge
Avant le 2 mai 20240 € (aucune participation obligatoire)
2 mai 2024100 €
1er janvier 2025102,23 €
1er janvier 2026environ 103,20 €
Depuis le 2 avril 2026150 €

Le saut suivant n'est pas une simple indexation. Le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, publié au Journal officiel le 1er avril et entré en vigueur le 2 avril 2026, porte le montant à 150 €, soit une hausse d'environ 45 % par rapport au tarif de janvier. Il ne s'applique qu'aux demandes d'inscription faites à partir du 2 avril 2026 ; une inscription validée avant cette date reste facturée à l'ancien tarif, même si la formation démarre plus tard.

Le montant affiché fait foi

150 € est le tarif en vigueur au 13 août 2026, mais il sera revu au 1er janvier 2027 par un nouvel arrêté d'indexation. Vérifiez toujours le montant exact affiché dans votre dossier au moment de payer, pas celui d'un article, même récent.

2. Trois plafonds par type de formation depuis le 26 février 2026

Deuxième réforme, distincte de la première : depuis le 26 février 2026, deux décrets du 24 février plafonnent le montant de droits CPF mobilisables pour trois familles d'actions. Avant cette date, aucun plafond de ce type n'existait : seul le solde du compte, et le reste à charge, limitaient la dépense.

ActionPlafond depuis le 26/02/2026Avant le 26/02/2026
Certifications du répertoire spécifique (hors CléA)1 500 €Pas de plafond dédié
Bilan de compétences1 600 €, avec un délai de carence de 5 ans entre deux bilansPas de plafond dédié
Permis de conduire, groupe léger (B, B1, BE, A1, A2)900 €, avec un cofinancement tiers obligatoire d'au moins 100 €Pas de plafond, pas de cofinancement obligatoire

Le répertoire spécifique regroupe des certifications transverses comme les habilitations électriques, le CACES ou certaines certifications informatiques et linguistiques. Toutes sont désormais capées à 1 500 € de droits CPF, sauf la certification CléA qui échappe à ce plafond. Le bilan de compétences, lui, passe sous un plafond de 1 600 €, avec en plus un délai de carence de cinq ans avant de pouvoir en refaire un second financé par le CPF.

Le permis mérite une précision. Depuis cette réforme, mobiliser uniquement son CPF ne suffit plus pour financer un permis léger. Un cofinanceur, employeur, OPCO, région, France Travail ou Agefiph, doit apporter au moins 100 €, sauf pour les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail, dispensés de cette condition. Le permis poids lourd n'est pas concerné par ce plafond de 900 €, qui vise exclusivement le groupe léger. Les formations préparant à une certification inscrite au répertoire national des certifications professionnelles, elles, ne sont soumises à aucun de ces nouveaux plafonds.

Si votre projet de formation n'a pas encore de cible précise, un accompagnement à la reconversion professionnelle aide à choisir avant de se heurter à ces plafonds. Et si votre expérience suffit déjà à justifier une certification sans repasser par un cursus complet, la validation des acquis de l'expérience échappe à ces plafonds propres au bilan de compétences.

3. Depuis le 27 juin 2026, l'absence à l'examen se paie

Troisième réforme, plus récente : l'article 59 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, publiée au Journal officiel le 26 juin et entrée en vigueur le lendemain, crée une obligation de présence. Un titulaire qui ne se présente pas, sans motif légitime, à l'examen ou à l'évaluation finale d'une formation certifiante financée par son CPF doit rembourser les sommes versées à l'organisme de formation, et son compte est bloqué pour cette formation.

La même loi ferme une autre porte : il n'est plus possible de financer via le CPF une formation menant à une certification que le titulaire détient déjà, sauf pour les formations de langue. Les deux mesures visent le même objectif affiché par le texte : réduire les usages du CPF qui n'aboutissent à aucune certification réellement passée.

Motif légitime : la liste n'existe pas encore

Le texte renvoie à un décret pour préciser ce que recouvre un motif légitime d'absence. Ce décret n'était toujours pas paru fin juillet 2026. En clair, la règle est déjà applicable mais ses exceptions ne sont pas encore écrites noir sur blanc : mieux vaut prévenir l'organisme de formation en cas d'empêchement, quel qu'il soit, et garder une preuve, plutôt que de s'y fier après coup.

Ce que ces trois réformes changent pour votre budget formation

  • Le calcul du reste à charge n'est plus 100 € mais 150 €, avec un historique d'indexation qu'il faut connaître pour comprendre pourquoi le montant a bougé trois fois en deux ans.
  • Un projet de certification isolée, de bilan de compétences ou de permis peut désormais dépasser vos droits CPF même si votre solde est élevé, à cause des plafonds par action.
  • S'inscrire à une formation certifiante engage maintenant à se présenter à l'examen, sous peine de rembourser les sommes versées à l'organisme.

Pour le reste, l'ouverture du compte, les organismes éligibles, les délais avec l'employeur ou le régime des agents publics n'ont pas changé sur la période : ces points restent traités en détail sur la page CPF, comment ça marche.

Questions fréquentes

Le reste à charge est-il passé directement de 100 à 150 euros ?

Non. Il a d'abord été instauré à 100 € le 2 mai 2024, puis revalorisé chaque 1er janvier par indexation sur l'inflation, 102,23 € en 2025, environ 103,20 € en 2026, avant un saut à 150 € par décret le 2 avril 2026, qui n'a rien d'une simple indexation.

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Le plafond de 900 € sur le permis concerne-t-il aussi le permis poids lourd ?

Non, ce plafond, entré en vigueur le 26 février 2026, vise uniquement le permis du groupe léger (B, B1, BE, A1, A2). Le permis poids lourd n'y est pas soumis.

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Si j'échoue à mon examen alors que je m'y suis présenté, dois-je rembourser mon CPF ?

La loi du 25 juin 2026 vise l'absence sans motif légitime à l'examen, pas l'échec après présentation. Se présenter et échouer n'est pas la situation que sanctionne ce texte.

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Faut-il déjà FranceConnect+ pour se connecter, est-ce nouveau en 2026 ?

Non, ce n'est pas un changement récent : l'Identité Numérique La Poste et FranceConnect+ sont obligatoires pour accéder à Mon compte formation depuis le 25 octobre 2022, bien avant les réformes 2024-2026. Le détail de l'inscription est expliqué sur la page CPF, comment ça marche.

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