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École et classe

Inscrire sa classe à un concours : ce qu'il faut régler avant

Avant de cliquer sur inscrire, cinq choses se règlent : l'accord écrit de la direction, les autorisations de droit à l'image, le budget, le rétroplanning et la place dans les programmes. Voici comment traiter chacune, et quoi faire si la classe ne finit pas.

Par Camille Verdon Publié le 13/08/2026 Mis à jour le 13/08/2026 9 min de lecture Tous niveaux

Inscrire sa classe à un concours : ce qu'il faut régler avant

L'inscription à un concours prend cinq minutes en ligne. Ce sont les six semaines qui la précèdent qui décident si le projet arrive au bout. Le formulaire, lui, vous demandera des choses que vous n'avez pas sous la main : le nom et l'adresse du chef d'établissement, une attestation sur le droit à l'image, une acceptation de règlement, parfois un numéro d'établissement.

Réglez ces points avant d'annoncer quoi que ce soit aux élèves. Si le choix du dispositif n'est pas encore fait, commencez par nos critères de sélection dans choisir un concours scolaire, puis revenez ici.

L'accord de la direction n'est pas une politesse

Ce n'est pas vous qui engagez l'école, c'est elle. Le dossier de participation au Prix Non au harcèlement demande explicitement la civilité, le nom et l'adresse électronique du directeur ou du chef d'établissement, puis une case d'acceptation du règlement par la direction. En cochant, celle-ci s'engage sur plusieurs points lourds :

  • la participation vaut cession à titre gratuit de tous les droits de propriété intellectuelle sur les œuvres réalisées, au profit du ministère de l'Éducation nationale ;
  • elle doit informer de cette cession tous les partenaires ayant contribué à la production ;
  • elle atteste que le droit à l'image de toutes les personnes apparaissant dans la production a été respecté, formulaires signés à l'appui ;
  • ces formulaires sont conservés dix ans, dans un espace sécurisé de l'établissement, pour chaque élève et chaque adulte du projet ;
  • en cas de sélection nationale, ils doivent être transmis par voie numérique aux responsables académiques.

Autrement dit, la direction signe une responsabilité juridique et une obligation d'archivage. Elle a besoin de l'apprendre en octobre, pas la veille du dépôt. Prévoyez un point de cinq minutes avec une note écrite : dispositif, date de dépôt, ce que la classe produit, nombre d'autorisations à collecter, budget estimé.

Une seule production par école

Le Prix Non au harcèlement n'accepte qu'une affiche ou une vidéo par école ou par établissement. Si deux classes veulent participer, l'arbitrage se fait en interne, en amont. C'est exactement le genre de règle qui transforme un projet en conflit de couloir si personne ne l'a lue.

Droit à l'image : la règle, puis le formulaire

La règle d'abord. Pour une personne mineure, l'autorisation des parents ou des représentants légaux doit obligatoirement être obtenue par écrit avant toute publication de son image, sans exception pour les publications scolaires. L'autorisation doit préciser le support de diffusion, l'usage prévu et la durée. Une réutilisation pour un autre usage suppose un nouvel accord. La publication sans consentement est passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.

La CNIL dit la même chose pour l'école : utiliser des photographies d'élèves dans le journal de l'école, un album ou sur un site suppose le consentement écrit des parents ou représentants légaux. Les photos sont des données personnelles, donc soumises au RGPD, ce qui ajoute une obligation d'information et un droit d'effacement.

Le formulaire ensuite. Le modèle diffusé par Éduscol pour la captation et l'utilisation de l'image et de la voix d'une personne mineure vise le Code civil, la Convention européenne des droits de l'homme, le RGPD et la loi Informatique et libertés. Il contient, et c'est le point utile pour vous, une grille très concrète :

  • l'école, la commune, l'année scolaire et la classe ;
  • les finalités envisagées, détaillées, pas une formule vague ;
  • la désignation du projet, les dates et les lieux d'enregistrement ;
  • la mention que l'autorisation est consentie à titre gratuit ;
  • un tableau oui/non par mode d'exploitation : usage collectif dans la classe, mise en ligne sur un site à accès réservé (ENT), mise en ligne sur internet ouvert avec les sites précisément nommés, support de stockage amovible, projection collective, réseaux sociaux nommés un par un ;
  • pour chaque ligne, la durée de conservation, fixée dans le modèle à une année scolaire.

Retenez la logique : une autorisation vaut pour un projet, un support et une durée. Un accord donné pour le journal de l'école ne couvre pas une diffusion nationale sur les sites d'un ministère. C'est précisément ce que la plupart des concours prévoient. Nos repères sur la diffusion en ligne des travaux d'élèves sont regroupés dans la rubrique numérique éducatif.

Un parent refuse : ce que ça change concrètement

Cela arrive, c'est légitime, et cela n'a pas à bloquer le projet. Aucune des sources officielles que nous avons ouvertes ne prévoit d'écarter un élève dont l'image ne peut pas être diffusée. Ce qui change, c'est la mise en scène de la production, pas la participation.

  • Repérez les refus avant la fabrication, pas après le montage.
  • Tenez la liste des élèves non autorisés plutôt que la liste des accords : elle est plus courte, donc réellement consultée.
  • Prévoyez des rôles hors champ : voix off, écriture du slogan, dessin, montage, régie.
  • Sur une affiche, un dos, des mains, une silhouette ou une illustration règlent la question.

Un formulaire non revenu n'est pas un accord. Un formulaire rempli au crayon la veille du dépôt non plus. Fixez une date de retour interne quinze jours avant la fin de la fabrication.

Le budget : combien, et par quel canal

Deux questions distinctes : combien coûte le projet, et par quelle caisse l'argent passe.

Côté montant, les concours ministériels que nous avons consultés n'affichent pas de frais d'inscription. Les concours associatifs en ont : le Kangourou des mathématiques annonce 3,50 euros par élève pour 2026, réglés par chèque ou par bon de commande de l'organisme payeur, avec un minimum de 10 élèves par établissement et 25 euros de frais de port offerts à partir de 25 élèves. Ajoutez systématiquement les impressions couleur, le petit matériel et un éventuel déplacement pour une remise de prix.

Côté canal, dans le premier degré, c'est souvent la coopérative scolaire. L'OCCE indique que les ressources d'une coopérative viennent de contributions volontaires des familles, de subventions, de dons et d'activités collectives, que les élèves sont assurés pour les activités et déplacements organisés par la coopérative, et que ces activités restent ouvertes à l'ensemble des élèves.

Ce qu'on n'écrit jamais dans un mot aux familles

Ne présentez jamais une participation financière comme une condition pour que l'enfant participe au projet. La contribution à une coopérative scolaire est volontaire, et les activités doivent rester accessibles à tous. Formulez le mot comme une information sur le projet et une proposition de soutien, jamais comme une facture. Nos modèles de communication aux familles sont dans la rubrique parents et élèves.

Posez le rétroplanning à l'envers

Partez de la date de dépôt et remontez. Exemple avec une échéance de type Prix Non au harcèlement, dont l'édition 2025-2026 fixait le dépôt au vendredi 30 janvier 2026 à 23 h 59 :

JalonQuandCe qui doit être fait
Accord et inscriptionDépôt moins 10 semainesValidation de la direction, lecture du règlement, réservation des créneaux
AutorisationsDépôt moins 8 semainesFormulaires envoyés aux familles, date de retour annoncée
Autorisations closesDépôt moins 5 semainesListe des non-autorisés établie, rôles adaptés
Production terminéeDépôt moins 3 semainesAffiche ou tournage finis, plus rien à créer
Finitions techniquesDépôt moins 1 semaineFormat, sous-titres, crédits, poids du fichier
DépôtLe jour J, le matinJamais le soir de la date limite

Le poste le plus long n'est pas la fabrication, ce sont les autorisations. Comptez trois relances. C'est aussi le seul poste que vous ne pouvez pas compresser en travaillant plus vite.

Accrochez le projet aux programmes, pas à côté

Un concours qui vit à côté de la progression finit en heures perdues. Un concours qui sert de support à des compétences que vous évaluez déjà fait gagner du temps. Regardez ce que la production mobilise réellement :

  • écrire un slogan lisible à deux ou trois mètres, c'est un travail de production d'écrit contraint, avec réécritures successives ;
  • sous-titrer une vidéo, c'est de la transcription, de la synthèse et du numérique ;
  • choisir des musiques libres de droits, c'est une séance entière sur le droit d'auteur, avec un cas concret ;
  • débattre du sujet avant de produire, c'est de l'oral argumenté ;
  • un concours à thème historique, c'est de la recherche documentaire et du travail sur les sources.

Écrivez ces objectifs dans votre progression avant de démarrer. Cela vous servira deux fois : pour convaincre la direction, et pour justifier le temps passé si le projet n'aboutit pas.

Si la classe ne finit pas

Cela arrive, et ce n'est pas un incident. Une classe qui n'a pas fini est une classe qui a quand même travaillé. Vos options, par ordre de préférence :

  1. Ne pas déposer. Aucune sanction n'est prévue pour une inscription sans dépôt dans les dispositifs que nous avons consultés. Prévenez simplement votre référent académique si vous en aviez un.
  2. Déposer une version réduite si elle respecte les contraintes techniques du règlement. Une affiche simple et lisible passe mieux qu'une vidéo bâclée et non sous-titrée, qui sera écartée sur un critère de forme.
  3. Transformer en production interne : exposition dans le hall, diffusion en conseil d'école, publication sur l'ENT si les autorisations couvrent ce support.
  4. Reporter à l'édition suivante en gardant les traces, sachant que le thème change souvent d'une année à l'autre.

Un seul interdit : ne déposez jamais une production dont vous n'avez pas toutes les autorisations. Le dépôt engage la direction, entraîne une cession de droits et ouvre la porte à une diffusion nationale. Une signature manquante à ce stade n'est plus un oubli administratif.

La check-list avant de cliquer sur envoyer

  1. Le règlement a été lu en entier, y compris les contraintes techniques.
  2. La direction a validé par écrit et connaît l'obligation d'archivage.
  3. Toutes les autorisations de droit à l'image sont signées, élèves et adultes.
  4. Elles sont rangées dans un endroit sécurisé et identifié, pour dix ans si le règlement l'exige.
  5. Les élèves non autorisés n'apparaissent nulle part dans la production.
  6. Les musiques et images utilisées sont libres de droits, et les crédits figurent au générique.
  7. Le format technique est conforme : taille, poids, sous-titres, impression sans perte de qualité.
  8. Une seule production est déposée si le règlement l'impose.
  9. Le fichier est sauvegardé ailleurs que sur la clé USB de la classe.
  10. Le dépôt est fait le matin, pas à 23 h 30 le jour de l'échéance.

Gardez cette liste dans le cahier-journal. Les échéances de l'année en cours sont suivies sur notre page concours scolaires, avec la date de dernière vérification pour chaque dispositif.

Questions fréquentes

Faut-il une autorisation écrite des parents pour photographier les élèves dans le cadre d'un concours ?

Oui. Pour une personne mineure, l'autorisation des parents ou représentants légaux doit obligatoirement être obtenue par écrit avant toute publication de son image, y compris pour une publication scolaire. Elle doit préciser le support, l'usage et la durée. La CNIL rappelle la même exigence pour l'usage des photos d'élèves par un établissement.

Combien de temps faut-il conserver les autorisations de droit à l'image ?

Cela dépend du règlement du concours. Pour le Prix Non au harcèlement, la direction s'engage à conserver les formulaires pendant dix ans, pour chaque élève et chaque adulte du projet, dans un espace sécurisé de l'établissement, et à les transmettre aux responsables académiques en cas de sélection nationale. Le modèle d'autorisation diffusé par Éduscol prévoit, lui, une conservation d'une année scolaire pour les usages courants.

Un parent peut-il refuser sans que son enfant soit exclu du projet ?

Aucune source officielle que nous avons ouverte ne prévoit d'écarter un élève dont l'image ne peut pas être diffusée. En pratique, on adapte la production : rôles hors champ, voix off, écriture, montage, ou cadrage qui ne rend pas l'élève identifiable. Tenez la liste des élèves non autorisés plutôt que celle des accords.

Qui paie l'inscription et le matériel ?

Les concours ministériels consultés n'affichent pas de frais d'inscription ; les concours associatifs en ont, par exemple 3,50 euros par élève pour le Kangourou des mathématiques en 2026. Dans le premier degré, le financement passe souvent par la coopérative scolaire, dont les ressources viennent de contributions volontaires des familles, de subventions, de dons et d'activités collectives. Une participation ne peut pas conditionner l'accès de l'élève au projet.

Que se passe-t-il si la classe ne rend pas sa production ?

Rien de prévu dans les règlements consultés : une inscription sans dépôt n'entraîne pas de sanction. Vous pouvez aussi déposer une version réduite conforme aux contraintes techniques, ou valoriser le travail en interne. En revanche, ne déposez jamais une production dont toutes les autorisations ne sont pas signées, car le dépôt engage la direction et entraîne souvent une cession de droits.

Sources et vérifications

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